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| Et si on prenait l'écriture au pied de la lettre |
INTRODUCTION
Malgré
toutes les possibilités informatiques et télématiques, l'écriture
manuscrite
a encore de beaux jours devant elle. Toute la scolarité se fonde
sur le "savoir écrire". Et jusque dans les études
supérieures rien ne remplace encore le crayon et la gomme ! Et
que dire lorsqu'il s'agit de postuler pour un emploi de si petit
niveau soit-il ? Il faut SAVOIR ECRIRE !
Quand
nous regardons la masse de la production manuscrite, particulièrement
dans le milieu scolaire : on reste parfois perplexe devant le résultat
tant dans le fond que dans la forme. Tout semble être fait
pourtant dès le plus jeune âge pour assurer la qualité de la
communication : on est sensible au contenu et l'art de la
formule
est toujours apprécié. En dirions-nous autant en considérant
la forme? C'est l'observation de cette dernière qui va guider
notre réflexion : parlons alors graphisme, écriture, et
pourquoi pas "calligraphie".
Dès
que l'enfant peut tenir un crayon entre les mains : quel plaisir
que d'observer ses premiers "gribouillis"! Mieux
encore, c'est un enchantement de voir les premiers graphismes que
peuvent faire produire les maîtresses des classes maternelles!
Mais alors, quand allons-nous voir apparaître la véritable écriture?
Un peu de patience : franchies les portes maternelles, nous voici
dans la cour des grands: c'est le Cours Préparatoire qui tient
si bien les promesses de son nom! Tout prend vie nouvelle à
partir de là : lire, écrire, quelle fête! Tenir un stylo n'est
pas si simple : il y a là derrière toute une maîtrise qui met
en jeu une foule de paramètres qui vont des yeux aux muscles des
bras et des mains... en passant par le cerveau! Avez-vous déjà
regardé un jeune enfant s'appliquer sur une page d'écriture?
Concentration, attention, fermeté, souplesse, adresse, régularité...
tout un monde se met en oeuvre pour aboutir à de simples
traits, courbes, ovales... qui forment les lettres, les mots...
L'écriture
n'est pas une mince affaire, elle ne va pas sans un minimum de
perfectionnements qui touchent au plus profond de la personnalité
de l'enfant. Par le biais de l'écriture, nous pouvons d'ailleurs
regarder toute cette personnalité de l'enfant: de sa
constitution physique jusqu'à sa tournure d'esprit car enfin son
être tout entier n'entre-t-il pas dans ces petits signes "noirs
sur blanc" qui en disent si long à qui sait voir : de
la lenteur et des maladresses des débuts jusqu'aux formes élaborées
que l'on rencontre parfois très tôt et qui témoignent d'une
maturité précoce ? Force est de constater qu'au-delà des premières
classes primaires, une activité pourtant si importante que
l'acte d'écrire est bien délaissé. Une fois fini
l'apprentissage, il semble manquer comme d'un suivi : en effet,
des écritures laissées à elles-mêmes bourgeonnent dans tous
les sens et produisent parfois des graphismes si loin des modèles
enseignés que certains en deviennent à la limite illisibles. Ce
ne sont pas les remontrances ordinairement formulées comme un
simple constat qui peuvent faire évoluer un graphisme ingrat.
Au
niveau du collège, une observation attentive semble révéler un
pourcentage non négligeable de graphismes handicapants pour
leurs auteurs : cela va de la simple fatigue au découragement lié
à l'ennui et aux résultats décevants. Une des difficultés et
non des moindres est sans doute la lenteur : un trait mal assuré
fait perdre du temps, on a beau vouloir suivre, l'enchaînement
des formes est sans cesse ralenti. On imagine déjà une conséquence
bien simple : on a du mal à écrire, on est en retard... Dans le
meilleur des cas on laisse des blancs que l'on comblera par la
suite ; bien souvent un texte dicté se retrouve amputé ; un
texte recopié inachevé... et combien d'autres maladresses? Les
écritures malhabiles ancrent (j'allais dire encrent) leurs
auteurs dans une spirale dont il est difficile de sortir : la
lenteur est à cet égard caractéristique, quand bien d'autres
facteurs sont source de réelles difficultés scolaires
nous ne citerons que les lacunes
en orthographe
si souvent associées aux écritures dysgraphiques quand ce n'est
pas à la dyslexie.
Quoi
qu'il en soit, les écritures pour le moins négligées sont
toujours néfastes pour ceux qui les tracent. Les mauvaises
surprises aux examens et concours, les évictions lors de tris
graphologiques
à l'embauche ne sont pas les moindres ennuis auxquels doit se préparer
celui dont l'écriture ne traduit pas dans la forme tout ce qui
pourtant peut y être contenu. L'écriture est plus qu'un support
à la communication : elle est déjà en elle-même un langage.
Qui n'est pas à première vue attiré par un graphisme simple et
esthétique ou rebuté par des mots informes qu'il faut d'abord déchiffrer
avant de comprendre le sens qu'ils cachent! Nous n'en finirions
pas d'énumérer des généralités, la liste serait longue des
distorsions qui peuvent affecter le graphisme, les considérations
liées à l'interprétation
de l'écriture
couvriraient des pages, mais alors quelques remarques pratiques
nous ramèneront à la juste réalité.
Nous
avons profité lors du salon de lil et la Plume de
1992 à Cosne Cours sur Loire pour sonder l'écriture des élèves
dans un aspect concret, facilement évaluable et pouvant induire
une réflexion ultérieure plus approfondie. S'il est vrai que
les élèves écrivent beaucoup, ils sont aussi très souvent
sollicités pour être rapides. La copie, la dictée, sans parler
de la prise de notes demandent un effort constant. Etalonnée en
lettres/minute, nous appelons écriture lente celle qui produit
moins de 100 lettres ; est posée, celle qui tourne autour de 130
et il faut produire une moyenne de 180 lettres pour qu'elle soit
dite rapide.
C'est
probablement cette vitesse qui laisse espérer qu'un lycéen aura
les bonnes dispositions pour la prise de notes de cours.
A suivre
Pour en savoir plus, contactez > © Maurice MARTIN